"" MINDD - DEFENDA SEUS DIREITOS: Un projet citoyen sans citoyen - L’accès à la justice au Québec, aujourd’hui - Maxime Gagné

Pesquisar este blog

domingo, 5 de julho de 2026

Un projet citoyen sans citoyen - L’accès à la justice au Québec, aujourd’hui - Maxime Gagné

 Un beau projet ne répare pas une crise de confiance quand il est conçu pour tout améliorer sauf la seule chose qui l’a provoquée. Tant que l’ordre refusera de se regarder dans le miroir, le Sommet et l’appel de projets resteront du spectacle : une porte dessinée sur l’affiche, à côté de toutes celles qu’on ferme dans les dossiers.




EnDroit.ca · Le droit au plus près des citoyens

EnDroit.ca


Justice-Quebec.ca devient officiellement EnDroit.ca. Même mission, même équipe, même approche — sous une nouvelle identité plus claire et plus représentative de notre engagement envers les citoyens.


Une plateforme citoyenne indépendante qui accompagne les Québécois non représentés dans leur navigation du système judiciaire. Avec des guides pratiques, des outils d’IA, une équipe de collaborateurs engagés et une couverture sans filtre des réalités institutionnelles.


Un projet citoyen sans citoyen

Posted on 02/07/2026 by Maxime Gagné





I created EnDroit.ca (formerly Justice-Quebec.ca) because, too often, people going through the justice system find themselves alone, overwhelmed, with no idea where to start. The information exists, but it is scattered, complex, and inaccessible for many.

As a neurodivergent person myself, I have been directly aware of the realities of those whom the system understands poorly. Thus, whether vulnerable individuals, isolated citizens, or atypical profiles facing institutions, I know their reality from the inside.

This site was born from a simple conviction: no one should have to face the justice system without understanding their rights, their remedies and the tools available to help them. Whether it is a difficult family situation, a conflict with a professional, a complaint to file or a process to undertake, everyone deserves access to clear information and human support.

Today, EnDroit.ca is much more than a website. It is a community of engaged contributors: social worker, domestic violence expert, family support team, lawyers active at the Barreau du Québec, university jurists, profiling and discrimination specialists, field workers, community organizations. Thus, these people combine their skills to offer guides, investigations, testimonies, trusted references and concrete support.

We do not pretend to have all the answers. However, we deeply believe that mutual aid, transparency and collaboration can make a real difference in the lives of those who feel helpless against the judicial machine.

Thank you to all those who are building this project with me. And thank you to you who read us. Therefore, it is for you that all this exists.


Curriculum indexé de Me Maxime Gagné


Me Maxime Gagné est un avocat de premier plan à Montréal, spécialisé en droit du divertissement, en propriété intellectuelle et en technologie. 

Il est le fondateur et associé directeur de ESPRIT Law & IP Agency. 

Parallèlement, il est un collaborateur actif et auteur d’articles juridiques sur la plateforme d’accès à la justice EnDroit.ca. 

Avec une carrière respectée, il a été reconnu par Lexpert et par Best Lawyers. 

En plus de sa pratique privée, il possède un solide historique d’engagement social : il a reçu le Mérite du Barreau du Québec en 2025 pour son dévouement envers la communauté LGBTQ+ et la justice sociale.


1. Identification professionnelle


Nom : Me Maxime Gagné
Ville : Montréal, Québec, Canada
Profession : avocat ; agent de marques de commerce
Admission au Barreau : admis au Barreau du Québec en 2008, selon le profil Lexpert.
Fonction actuelle : fondateur et associé directeur / managing partner de ESPRIT Law & IP Agency.

2. Cabinet actuel


Maxime Gagné est le fondateur et associé directeur de ESPRIT Law & IP Agency, un cabinet actif en propriété intellectuelle, divertissement, technologie, marketing/publicité et litiges spécialisés dans ces secteurs.

3. Principaux domaines de pratique


Les sources l’associent principalement au droit du divertissement, à la propriété intellectuelle, à la technologie, au marketing/publicité, à la protection de la vie privée, aux marques de commerce, aux droits d’auteur, aux noms de domaine, aux licences, aux litiges en propriété intellectuelle et aux contrats commerciaux et sectoriels.

4. Formation universitaire


Selon le profil Best Lawyers, il a étudié à l’Université d’Ottawa, où il a obtenu un LL.L. en 2004 et un LL.B./J.D. en 2005.

5. Expérience professionnelle antérieure


Avant ESPRIT Law & IP Agency, il a cofondé St. Lawrence Law Firm LLP et a travaillé pendant plus d’une décennie dans deux grands cabinets canadiens : Stikeman Elliott et Heenan Blaikie.

6. Clients et secteurs desservis


Son profil professionnel indique que sa clientèle est principalement composée d’entrepreneurs et de grandes entreprises œuvrant dans les secteurs des arts et du divertissement, de la technologie, des jeux vidéo, des médias numériques, de la publicité et du commerce de détail.

7. Propriété intellectuelle et marques


Il intervient en matière d’enregistrement, de litige et de licence de propriété intellectuelle, notamment pour les marques de commerce, les droits d’auteur et les noms de domaine. Il est également décrit comme agent de marques de commerce et gestionnaire de portefeuilles importants de marques au Canada et à l’international.

8. Droit du divertissement


En droit du divertissement, il représente des producteurs, diffuseurs et distributeurs des États-Unis et du Canada dans le développement, la production, l’octroi de licences et la distribution de projets de cinéma, de télévision, de théâtre et de musique.

9. Vie privée, technologie et réglementation


Best Lawyers indique qu’il conseille ses clients sur des questions de protection de la vie privée, y compris les politiques internes, les enquêtes menées par les autorités réglementaires, les audits de confidentialité et de sécurité des systèmes, les contrats d’externalisation et les transferts de données personnelles. La page d’ESPRIT mentionne également son expérience en droit administratif et réglementaire, en protection des renseignements personnels, en accès à l’information, en communications électroniques, en concurrence et en publicité/marketing.

10. Reconnaissances professionnelles


Il est reconnu par des publications telles que Best Lawyers in Canada, World Trademark Review et Lexpert, et il a également été finaliste du Lexpert Rising Stars Award.

Dans l’édition Best Lawyers in Canada 2026, il est reconnu dans cinq domaines : Advertising and Marketing Law, Entertainment Law, Information Technology Law, Intellectual Property Law et Technology Law.

11. Prix et distinctions


Parmi les distinctions publiquement mentionnées figurent : Order of Merit 2023 de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa ; Mérite Engagement social 2025 du Barreau du Québec ; J. Armand Bombardier Internationalist Fellowship ; The Right Honourable Brian Dickson Award ; International Scholarship — University of Westminster — LL.M. in Entertainment Law ; et Queen Elizabeth II Golden Jubilee Medal.

12. Engagement social et organismes


Le Barreau du Québec a reconnu Maxime Gagné avec le Mérite Engagement social 2025 pour son engagement communautaire, sa défense des droits de la personne et de la justice sociale, notamment en matière d’équité, de diversité et d’inclusion. Le communiqué mentionne également son implication auprès du GRIS-Montréal, y compris des initiatives en milieu scolaire visant à lutter contre les préjugés et les barrières sociales envers la communauté LGBTQ+.

Il existe également des mentions de son implication dans des organismes tels que la National Theatre School of Canada, l’Association du Barreau canadien — Division du Québec, l’International Trademark Association — INTA, CAN-TECH et GRIS-Montréal.

13. Association du Barreau canadien — Division du Québec


Best Lawyers indique qu’il est vice-président de l’Association du Barreau canadien — Division du Québec. Une publication localisée sur LinkedIn indique également qu’il a été élu vice-président de la division Québec de l’Association du Barreau canadien et qu’il devait en assumer la présidence en juillet 2026 ; comme il s’agit d’une source de réseau social, ce point doit être traité comme complémentaire, et non comme source principale.

14. EnDroit.ca / Justice-Quebec.ca


Maxime Gagné apparaît comme fondateur de EnDroit.ca, anciennement Justice-Quebec.ca. La page « À propos » décrit la plateforme comme une initiative citoyenne indépendante destinée à accompagner les personnes non représentées dans le système judiciaire québécois, en leur offrant des guides pratiques, des ressources et de l’information juridique accessible.

La même page précise que EnDroit.ca ne fournit pas de conseils juridiques, mais du contenu informatif et d’orientation pratique ; elle indique également que la plateforme n’est affiliée à aucun ordre professionnel ni à aucun organisme gouvernemental.

Sources en format ABNT avec URL développée


ESPRIT LAW & IP AGENCY. Maxime Gagné. Montréal : ESPRIT Law & IP Agency, [s.d.]. Disponible sur : https://www.esprit.legal/maxime-gagn%C3%A9. Consulté le : 3 juill. 2026.

BEST LAWYERS. Maxime Gagné — Advertising and Marketing Law Lawyer — Montréal, QC. Best Lawyers, [s.d.]. Disponible sur : https://www.bestlawyers.com/lawyers/maxime-gagne/185363. Consulté le : 3 juill. 2026.

LEXPERT. Maxime Gagné — ESPRIT Law & IP Agency. Lexpert, [s.d.]. Disponible sur : https://www.lexpert.ca/lawyers/maxime-gagne-79434. Consulté le : 3 juill. 2026.

BARREAU DU QUÉBEC. Mérites 2025 — Le Barreau du Québec décerne des Mérites à cinq avocats. Cision / Newswire, 10 avr. 2025. Disponible sur : https://www.newswire.ca/fr/news-releases/merites-2025-le-barreau-du-quebec-decerne-des-merites-a-cinq-avocats-840250571.html. Consulté le : 3 juill. 2026.

BARREAU DU QUÉBEC. Récipiendaires des Mérites et Médailles. Barreau du Québec, [s.d.]. Disponible sur : https://www.barreau.qc.ca/fr/ordre/hommage-reconnaissances/medailles-merites/liste-recipiendaires/. Consulté le : 3 juill. 2026.

ENDROIT.CA. À propos de EnDroit.ca — Plateforme citoyenne indépendante. EnDroit.ca, 2026. Disponible sur : https://endroit.ca/a-propos/. Consulté le : 3 juill. 2026.

WORLD TRADEMARK REVIEW. Maxime Gagne — WTR 1000. World Trademark Review, [s.d.]. Disponible sur : https://www.worldtrademarkreview.com/rankings/wtr-1000/profile/person/maxime-gagne. Consulté le : 3 juill. 2026.

LINKEDIN. Maxime Gagné — Litigation and Commercial Attorney. LinkedIn, [s.d.]. Disponible sur : https://ca.linkedin.com/in/maxime-gagne-canada. Consulté le : 3 juill. 2026.

 Accueil› Actualités›

 ANALYSE · ACCÈS À LA JUSTICE


L’accès à la justice au Québec, aujourd’hui

SOQUIJ. Éducaloi. JuridiQC. Les Centres Info Justice. La Fondation du Barreau. Justice Pro Bono. Juripop. L’aide juridique. Le Fonds Accès Justice. CanLII. Les cliniques juridiques universitaires. Option consommateurs. Inform’elle. Le Forum québécois sur l’accès à la justice. Et l’Entente Justice citoyens, déjà dotée de 80 millions de dollars.


Voilà — en partie seulement — ce que le Québec a déjà bâti pour « favoriser l’accès à la justice » : des dizaines de plateformes, de programmes et d’organismes, pour des dizaines de millions de dollars. Et pourtant, la confiance des citoyens envers leurs institutions ne cesse de chuter.

 Alors comment le Barreau propose-t-il de régler cette crise de confiance ?

 En finançant une initiative de plus.


Par l’équipe d’EnDroit.ca · EnDroit.ca · 2 juillet 2026 · Lecture 8 min

Le 29 juin, trois institutions ont annoncé ensemble une bonne nouvelle : un appel de projets 2026-2027, doté de deux millions de dollars, pour financer des initiatives destinées « aux populations peu desservies en matière d’accès à la justice ». Le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette, le président de la Chambre des notaires Me Bruno Larivière et le bâtonnier du Québec Me Marcel-Olivier Nadeau invitent les organismes à déposer leurs demandes d’ici le 14 septembre. Sur l’affiche : deux personnages se serrent la main, une porte s’ouvre sur un bureau. En bas, quatre logos — Justice citoyens, Chambre des notaires, Barreau du Québec, Québec.


Soutenir notre mission - Faire un don

Disons-le d’emblée, parce que c’est vrai : améliorer l’accès à la justice est une bonne chose. Financer des organismes communautaires qui aident, en première ligne, des gens vulnérables, ça peut faire une différence réelle dans la vie de ces personnes-là. La volonté affichée n’est pas feinte, et il ne s’agit pas ici de la mettre en doute. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est la direction.


I — Le calendrier

Un beau geste, au bon moment, devant le bon public

Il faut d’abord replacer l’annonce dans son décor. Un peu plus de deux mois plus tard, les 8 et 9 septembre, le Barreau tiendra son premier Sommet québécois sur l’État de droit, au Palais des congrès de Montréal, devant environ 750 personnes des milieux d’affaires, juridique, politique, universitaire et communautaire. La date n’a rien d’un hasard : elle tombe en pleine campagne électorale provinciale, et le bâtonnier l’assume sans détour — c’est voulu, dit-il, on veut faire parler de justice pendant la campagne.


Ce Sommet répond lui-même à un constat brutal. Trois sondages Léger commandés par le Barreau montrent que 43 % des Québécois estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué ces dernières années, contre à peine 4 % qui la voient s’améliorer. Deux tiers craignent une influence politique sur les décisions des tribunaux. La confiance s’effrite, et le Barreau le sait. Le Sommet, la déclaration sur l’État de droit qu’il veut cocréer, l’indice qu’il veut lancer, et maintenant cet appel de projets : tout cela forme un même mouvement, cohérent, coordonné, visible. C’est là, précisément, que la question commence.


Le chiffre

43 % contre 4 %

Selon le sondage Léger commandé par le Barreau, 43 % des Québécois disent que leur confiance envers les institutions a diminué. Seulement 4 % la voient s’améliorer. C’est ce déséquilibre que le Sommet et l’appel de projets veulent renverser.


II — La bonne volonté

Ce n’est pas l’intention qui manque. C’est la cible.

Des projets pour l’accès à la justice, amenez-en. Mais il faut nommer ce que ces annonces ont d’étrangement familier. Elles ressemblent aux promesses qu’on entend à chaque élection : on va baisser les impôts, on va baisser les taxes, on va améliorer l’accès. On nous le dit depuis cent ans. Ce n’est pas la sincérité qui pèche — c’est que la promesse ne touche jamais la racine du problème.


On ne bâtit pas une solution avec toute la bonne volonté du monde si elle ne pointe pas dans la bonne direction. On l’a vu dès l’ouverture : ces outils existent déjà par dizaines, et pas modestement. JuridiQC à lui seul a coûté 17,2 M$. Le ministère de la Justice injecte plus de 21 M$ par année dans le Fonds Accès Justice. L’Entente Justice citoyens, elle, pèse 80 M$. Des décennies d’efforts, des sommes considérables — et voilà qu’on ajoute un appel de projets de plus par-dessus la pile.


Et pourtant, la confiance continue de descendre à vue d’œil. Voilà le fait qui devrait arrêter tout le monde : tout cela existe déjà, et la défiance grandit quand même. Alors, honnêtement : pensez-vous vraiment qu’un projet de plus, un programme de plus, une initiative de plus va y changer quoi que ce soit ? Rien. Absolument rien. Parce que le problème n’a jamais été le nombre de guichets. Le problème, c’est la déconnexion avec le citoyen et l’absence de transparence. Ajouter un nouveau programme conçu en vase clos par le milieu juridique, sans que la voix des citoyens n’y pèse d’aucun poids, ne déplace pas d’un millimètre la cause du mal. Ça l’habille.


Il y a d’ailleurs, dans les propres chiffres du Barreau, une ironie qu’il semble ne pas voir. Son sondage ne mesure nulle part une pénurie de services ou de plateformes. Il mesure une chose, et une seule : la défiance envers les institutions. Les Québécois ne disent pas qu’il leur manque un guichet — ils disent qu’ils ne font plus confiance à leurs institutions publiques : le gouvernement, les tribunaux, les partis, les médias, et de proche en proche l’ensemble du système qui les encadre. C’est un diagnostic institutionnel, pas un déficit d’outils. Et on ne répond pas à une crise de confiance envers les institutions en finançant des tiers pour offrir un service de plus. La question que le sondage pose réellement — pourquoi ne nous faites-vous plus confiance ? — reste soigneusement sans réponse, parce que la seule réponse honnête obligerait les institutions à parler d’elles-mêmes.


Car la confiance ne s’est pas effondrée par manque de projets. Elle s’est effondrée parce que l’accès qu’on offre est inefficace et opaque, géré par un système qui se surveille lui-même.


III — Le circuit fermé

Le citoyen est sur l’affiche, pas à la table

Regardons qui décide. L’appel de projets s’inscrit dans l’Entente Justice citoyens, conclue en avril 2025 entre le ministère de la Justice, la Chambre des notaires et le Barreau — une entente qui prévoit jusqu’à 80 à 90 millions de dollars. La part des deux ordres ne vient pas du Trésor public au sens ordinaire : elle provient du Fonds d’études juridiques du Barreau et du Fonds d’études notariales de la Chambre, tous deux alimentés en bonne partie par les intérêts générés sur les fonds détenus en fidéicommis par les avocats et les notaires eux-mêmes. Les ordres professionnels mettent l’argent. Les institutions — les deux ordres et le ministère — fixent les critères. Les institutions choisissent les projets retenus. Le citoyen, lui, ne décide de rien.


Et le citoyen, dans tout ça ? Il est le bénéficiaire, jamais le juge. Il est la population « peu desservie » qu’on entend mieux servir. Il est le petit personnage du dessin à qui l’on serre la main et à qui l’on ouvre une porte. Son nom figure sur la marque — Justice citoyens — et sur les logos au bas de l’affiche. Mais nulle part, dans ce mécanisme, il n’a voix au chapitre sur ce qui est financé, ni sur ce qui ne l’est pas. C’est un projet citoyen d’où le citoyen, comme décideur, est absent. Le logo dit « citoyens » ; la structure dit « entre nous ».


Cette logique a une conséquence dont il faut prendre la mesure. Un programme de subventions tourné vers l’extérieur ne peut, par construction, financer qu’une seule chose : des tiers qui rendent de meilleurs services. Il ne peut pas financer un contre-pouvoir qui demanderait des comptes à ceux qui le financent. On ne subventionne pas sa propre reddition de comptes. La frontière est intégrée au design : ce programme peut tout améliorer, sauf l’imputabilité du système sur lui-même. Et c’est exactement là, et seulement là, que se loge le problème que les citoyens désignent.


IV — Le nœud

La mesure qui manque — et qui manquera toujours

Cherchez, dans cette annonce, une seule mesure concrète qui donnerait à un citoyen lésé par le système le droit de porter plainte et d’obtenir une enquête impartiale, menée par des personnes qui n’ont aucun intérêt en jeu. Pas des avocats qui jugent des avocats. Pas un ordre qui enquête sur lui-même. Cette mesure-là n’y est pas. Elle n’est nulle part. Et tant qu’elle n’y sera pas, le reste — aussi généreux soit-il — demeure de la façade.


L’ironie est que le Barreau connaît parfaitement le vocabulaire du problème. Dans sa campagne « Protégeons notre État de droit », le bâtonnier Nadeau érige les « mécanismes de contre-pouvoir » en principe sacré et reproche au gouvernement de les affaiblir. Devant les projets de loi qui empêcheraient certains organismes de contester une loi devant les tribunaux, il faisait remarquer que le citoyen seul n’aurait ni les moyens ni la capacité de le faire à leur place :


Le citoyen ordinaire ? Avec quel argent ?


— Me Marcel-Olivier Nadeau, bâtonnier du Québec, sur les mécanismes de contre-pouvoir face à l’État (La Presse, novembre 2025)

La question est excellente. Il suffit de la retourner vers l’ordre qui la pose. Quand c’est le Barreau, son syndic, ses greffes de révision ou les organismes de surveillance qui ferment une porte au citoyen, qui contestera ? Le citoyen ordinaire, avec quel argent ? 

Le contre-pouvoir que le Barreau défend si vigoureusement contre l’État, il ne l’applique pas à lui-même. Il défend la reddition de comptes des autres. La sienne, il la garde sous contrôle — celui de ses membres.


« Soyons clairs : tant que le nœud du problème ne sera pas dénoué, aucun projet, aucune initiative, aucun sommet sur l’État de droit ne changera quoi que ce soit sur le fond. »

— Maxime Gagné, fondateur d’EnDroit.ca

V — La preuve

Ce que disent, vraiment, les gens lésés

On pourrait s’arrêter à la théorie. Mais il y a plus concluant que tout raisonnement : les témoignages. Sur notre plateforme, des dizaines de personnes racontent ce que le système leur a fait vivre. Et il y a une phrase que personne, jamais, n’a écrite. Personne n’a dit : « il me manquait un projet citoyen pour m’aider ». Pas une seule fois.


Ce qu’ils disent, tous, c’est autre chose. J’ai été lésé par le système. On ne m’a pas écouté. On n’a pas pris ma plainte au sérieux. On ne m’a pas donné le droit de parole. Je n’avais personne vers qui me tourner. Voilà le déficit réel. Il n’est pas quantitatif — un manque de programmes qu’on comblerait avec deux millions de dollars. Il est structurel : un manque de recours indépendant, de transparence, d’une oreille qui n’a pas d’intérêt dans la cause. Un projet citoyen qui continue d’ignorer précisément cela ne vaut rien, quelle que soit sa taille.


C’est pour ça que la comparaison avec les promesses électorales n’est pas qu’une image. Un appel de projets qui déplace le regard vers « l’accès à la justice de demain », au moment exact où le présent devient inconfortable, fait diminuer la pression sans rien admettre. Personne n’a à reconnaître une faute, à rouvrir un dossier, à nommer un maillon défaillant de la chaîne. On finance des tiers pour « mieux servir », et le déficit de confiance devient une chose qu’on comble par des projets, au lieu d’une chose que le système produit. La cause reste hors champ. Soigneusement.


Un beau projet ne répare pas une crise de confiance quand il est conçu pour tout améliorer sauf la seule chose qui l’a provoquée. Tant que l’ordre refusera de se regarder dans le miroir, le Sommet et l’appel de projets resteront du spectacle : une porte dessinée sur l’affiche, à côté de toutes celles qu’on ferme dans les dossiers.


EnDroit.ca · Le droit au plus près des citoyens

Que le Barreau, la Chambre et le ministère financent des organismes de première ligne, tant mieux — vraiment. Des gens réels en tireront un bénéfice réel. Mais qu’on ne présente pas cela comme une réponse à l’érosion de la confiance. La confiance ne reviendra pas parce qu’on aura ajouté une pièce de plus à une maison dont les citoyens sont exclus. Elle reviendra le jour où un citoyen lésé par le système pourra frapper à une porte derrière laquelle se trouve quelqu’un qui n’a pas de jetons sur la table. Ce jour-là, il n’y aura même pas besoin d’affiche.


Note éditoriale. Ce texte est un article d’analyse et de journalisme juridique, appuyé sur des sources publiques et des données officielles (communiqués gouvernementaux, du Barreau et de la Chambre des notaires, sondages Léger, couverture de presse). Les appréciations qu’il contient sur la portée et les limites du Programme d’aide financière et du Sommet sur l’État de droit relèvent de l’analyse éditoriale d’EnDroit.ca. EnDroit.ca est une plateforme indépendante de journalisme juridique. Cet article ne constitue pas un avis juridique. L’auteur n’est pas avocat.


Sources et références

L’appel de projets et l’Entente. Gouvernement du Québec, « Appel de projets pour favoriser l’accès à la justice » (communiqué, 29 juin 2026), quebec.ca · Droit-inc, « 2 M$ pour soutenir l’accès à la justice » (juin 2026) · Chambre des notaires du Québec, « Justice citoyens : programme d’aide financière » et « Entente historique : 80 millions de dollars pour favoriser l’accès à la justice » (avril 2025), cnq.org · Barreau du Québec, « Aide financière pour favoriser l’accès à la justice » (10 février 2026) et « 80 millions de dollars pour favoriser l’accès à la justice », barreau.qc.ca.


Le Sommet et le sondage. Barreau du Québec / CNW, « Perte de confiance dans nos institutions : le Barreau lance un premier sommet pour protéger l’État de droit » (17 juin 2026) · Le Devoir, « Le Barreau tiendra un grand sommet sur l’État de droit durant la campagne électorale » (juin 2026) · Radio-Canada, « Un sommet du Barreau sur la protection des institutions durant la campagne électorale » (juin 2026) · La Presse, « Le Barreau tiendra un grand sommet durant la campagne électorale » (17 juin 2026). Données tirées de trois sondages Léger réalisés pour le Barreau (mai 2026).


Les initiatives d’accès à la justice existantes. Gouvernement du Québec / SOQUIJ, « Lancement de JuridiQC : le guichet unique d’information juridique » (13 octobre 2020), investissement de 17,2 M$, dans le cadre du Plan pour moderniser le système de justice 2018-2023 · Centres Info Justice (anciennement Centres de justice de proximité), justicedeproximite.qc.ca · Éducaloi, Réseau en éducation juridique, educaloi.qc.ca · Barreau du Québec, « Ressources utiles – Accès à la justice » (Fondation du Barreau, guide « Seul devant la Cour », Justice Pro Bono, Juripop, aide juridique, cliniques universitaires), barreau.qc.ca · ministère de la Justice, Fonds Accès Justice (plus de 21 M$ annuellement).


La campagne sur l’État de droit et les contre-pouvoirs. Barreau du Québec, « Le Barreau du Québec craint une érosion de l’état de droit au Québec » (13 novembre 2025) · Le Devoir, « Le Barreau lance une campagne sur l’importance de l’état de droit » (15 septembre 2025) · La Presse, « Grande entrevue avec Me Marcel-Olivier Nadeau : des brèches dans notre état de droit » (21 novembre 2025).


EnDroit.ca est une plateforme indépendante de journalisme juridique. Cet article ne constitue pas un avis juridique. L’auteur n’est pas avocat.


Articles connexes

Qui surveille le Barreau du Québec ? L’enquête sur l’OPQ, le chien de garde muselé

Le FARPBQ : un conflit d’intérêts institutionnalisé depuis 2020

Déontologie policière : quand tout le monde se lance la balle

Auteur/autrice

Maxime Gagné

Maxime Gagné

Partager :

 X Facebook

J’aime ça :

Chargement…

Similaire

Accès à la justice : l’Université d’Ottawa invite EnDroit.ca à échanger avec la relève

28/06/2026

Dans "Actualités EnDroit"

« Le jour où la critique légitime est traitée comme une attaque, on ne protège plus la démocratie : on protège l’institution contre la démocratie »

26/06/2026

Dans "Chroniques et opinions"

Explain This Phrase to Me: « When Institutions Are Attacked, Who Protects Democracy? »

27/06/2026

Dans "English News"

En savoir plus sur EnDroit.ca

Subscribe to get the latest posts sent to your email.


✓ Abonné


Partagez votre expérience ou votre point de vue


Rechercher

Rechercher

Transfusions refusées par des parents témoins de Jéhovah : la Cour supérieure les autorise pour sauver leur bébé prématuré

Transfusions refusées par des parents témoins de Jéhovah : la Cour supérieure les autorise pour sauver leur bébé prématuré

29/06/2026

Maxime Gagné

Porter plainte

Porter plainte

05/05/2026

Maxime Gagné

Porter plainte contre la DPJ

Porter plainte contre la DPJ

06/05/2026

Maxime Gagné

Troisième enquête en deux ans : la juge Roy et la preuve par la récidive

Troisième enquête en deux ans : la juge Roy et la preuve par la récidive

26/06/2026

L'équipe de EnDroit.ca

Accès supervisés : la Cour d'appel corrige un juge qui aurait laissé un père sous supervision pendant près de deux ans

Accès supervisés : la Cour d'appel corrige un juge qui aurait laissé un père sous supervision pendant près de deux ans

01/07/2026

Maxime Gagné

Prestations parentales coupées : une mère gagne contre l'État pour une information incomplète

Prestations parentales coupées : une mère gagne contre l'État pour une information incomplète

30/06/2026

L'équipe de EnDroit.ca

Police de Repentigny et déontologie policière : quand tout le monde se lance la balle

Police de Repentigny et déontologie policière : quand tout le monde se lance la balle

02/07/2026

L'équipe de EnDroit.ca

Dossiers citoyens et témoignages

Dossiers citoyens et témoignages

05/05/2026

Maxime Gagné

Crimes sexuels sur enfant : la Cour d'appel maintient la condamnation, mais un juge dissident voulait un nouveau procès

Crimes sexuels sur enfant : la Cour d'appel maintient la condamnation, mais un juge dissident voulait un nouveau procès

27/06/2026

Maxime Gagné

Poursuivre le Barreau pour être entendue : l'affidavit que l'institution ne dépose jamais

Poursuivre le Barreau pour être entendue : l'affidavit que l'institution ne dépose jamais

24/06/2026

Maxime Gagné

Recent Posts

Un projet citoyen sans citoyenPolice de Repentigny et déontologie policière : quand tout le monde se lance la balleChicane de voisins : elle taille la haie mitoyenne sans permission (15 000 $), sa voisine l’espionnait à travers (2 500 $)Accès supervisés : la Cour d’appel corrige un juge qui aurait laissé un père sous supervision pendant près de deux ansLe prix de la dignité : institutionnalisation forcée et aide médicale à mourir par défaut

Recent Comments

Maxime Gagné sur Justice-Quebec.ca s’associe à Alain Babineau — Une nouvelle voix d’autorité rejoint la plateforme

Kalombo M sur Justice-Quebec.ca s’associe à Alain Babineau — Une nouvelle voix d’autorité rejoint la plateforme

ANONYMISÉ sur Accès à la justice : l’Université d’Ottawa invite EnDroit.ca à échanger avec la relève

Anonyme sur Saga Sanderson — Partie 2 : la suite de notre premier dossier d’enquête

MICHEL MADORE sur Conférence de presse de la Red Coalition — en 2026, il ne suffit plus de ne pas être raciste

Archives

juillet 2026juin 2026mai 2026avril 2026mars 2026février 2026décembre 2025novembre 2025

Categories

Actualités EnDroitBarreau et disciplineChroniques et opinionsDécisions de justiceEnglish NewsEnquêtesJustice et IANeurodiversité et justicePalmarès et ressources

EnDroit.ca

Plateforme citoyenne indépendante d'information et de vulgarisation juridique au Québec. Non affiliée à un ordre professionnel ou à un organisme gouvernemental. L'auteur n'est pas avocat. Contenu informatif seulement — ne constitue pas un avis juridique.


Avertissement — IA et contenus

Les outils d'IA et les guides peuvent contenir des erreurs ou des informations désuètes. Ne prenez jamais de décision juridique sur la seule base de ce site. Vérifiez toujours auprès d'un avocat, du Barreau du Québec ou sur Légis Québec.


Coordonnées

Entreprise enregistrée au Québec

NEQ 2270048103

159 rue Sylvie, Charlemagne (Québec) J5Z 1V6

438-398-8545

endroit.ca@outlook.com

© 2026 EnDroit.ca — Tous droits réservés

© 2026 EnDroit.ca

Nenhum comentário: